LES CARRIERES SOUTERRAINES

par arli et Juju

HISTOIRE

Le sous-sol parisien a été exploité dès l’Antiquité, pour procurer la pierre nécessaire à la construction de la ville, d’abord en carrière à ciel ouvert, puis en souterrain. En 1774, un effondrement se produit sur la rue d’Enfer au niveau de l’actuel Boulevard Saint-Michel. Cet accident, suivi de quelques autres, alerte Louis XVI de l’état des sous-sols de la capitale. Le 4 avril 1777, sa Majesté Royale décide de la création de l’IDC, l’Inspection des Carrières, avec à sa tête l’architecte royal Charles-Axel Guillaumot. Elle a pour rôle d’étudier, de cartographier et de consolider l’ensemble des vides des carrières sous la voie publique de Paris pour éviter d’autres catastrophes de ce genre. L’IDC a réalisé en quelques siècles un travail de cartographie et de consolidation énorme : tous les vides des carrières ont été reportés sur des cartes (consultables aujourd’hui, sur des “planches” vendues par l’IGC, successeur de l’IDC), des galeries dites d’inspection ont été creusées pour trouver des réseaux isolés, des fontis et des vides à risque consolidés avec une architecture très élaborée. Aujourd’hui, l’IGC n’effectue plus que quelques mises à jour mineures des planches ; tous les travaux de consolidation sont par ailleurs effectués par injection de béton sous pression, détruisant ainsi le patrimoine souterrain francilien.
Un portrait de Charles-Axel
Charles-Axel GUILLAUMOT

photo d'une consolidation de Héricart de Thury
Les consolidations réalisées par Héricart de Thury se reconaissent à cet élégant monogramme "HT" ©catacombes.info
Un autre inspecteur des carrières, nommé en 1810, est Louis-Etienne Hericart de Thury. Il a aménagé la partie aujourd'hui visitable des Catacombes, en leur donnant l'apparence que nous leur conaissons aujourd'hui, posé la stèle en l'honneur de Philibert Aspairt, et a consolidé une très grande partie du réseau des carrières souterraines. Il est l'auteur de la Description des Catacombes de Paris, ouvrage de référence sur lequel se sont appuyées toutes les études postérieures.

A Paris, les pierres qui ont été exploitées sont :
  • le gypse, essentiellement sur la rive droite
  • le calcaire, sur la rive gauche et dans les 12e et 16e arrondissements
En raison de la méthode d’exploitation utilisée pour extraire le gypse et de la solubilité de celui-ci dans l’eau, il ne subsiste pas de galeries de gypse à Paris. Au contraire, les galeries établies au niveau des carrières de calcaire existent toujours, entre 10 et 35 mètres de profondeur en moyenne.

Réparttion des exploitations de gypse et de calcaire
Répartition des exploitations de gypse (en vert) et de calcaire (en orange) à Paris ©Emile Gerards